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Paroisse Frédéric Ozanam Sacré-Cœur / Saint-Clément / Saint-Nicolas
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Adoration et personnes retraitées

Dimanche 18 septembre : adoration et personnes retraitées.
 
Saint Paul dans la deuxième lecture de ce jour nous invite à « mener le bon combat, celui de la foi, et à nous emparer de la vie éternelle, la vie en Dieu ». Mais ce combat, on ne peut le mener seul, c’est seulement au sein d’une communauté, une communauté paroissiale que l’on peut le mener.
 
Une paroisse est comme une fusée à plusieurs étages. Chaque étage de la fusée correspondrait à une étape de la vie des gens qui passent par notre paroisse, des étapes de vie rythmées par la réception des sacrements. Cela va de la naissance avec le baptême, en passant par l’enfance avec la catéchèse et la première communion, l’âge adulte avec les mariages, la condition de malade parfois avec les sacrements des malades, enfin l’accompagnement des défunts avec le viatique et les funérailles. Un étage essentiel de la fusée étant celui qui correspond à notre vie quotidienne en Dieu, rendu possible par la participation au mystère de l’eucharistie chaque dimanche, chaque jour pour certains, par la réception du sacrement qui vous réconcilie avec Dieu et vos frères, la confession.

Tous les jours, la fusée de la paroisse décolle. Chaque jour, des enfants sont accompagnés dans la catéchèse, des familles trouvent un réconfort à l’occasion d’un deuil, des paroissiens malades sont visités, chaque jour des bébés naissent qui seront présentés au Seigneur dans le baptême, des fiancés se préparent semaine après semaine à s’engager pour toute leur vie dans le sacrement du mariage, chaque jour dans vos familles vous cherchez à vivre de l’Evangile et cette vie ne serait pas possible si elle n’était pas reliée à notre communauté paroissiale. Sans la communauté, vous seriez seul et votre foi finirait par s’attiédir voire s’éteindre tout à fait.

Tous les jours, la fusée de la paroisse décolle emportant avec elle l’existence d’une multitude de personnes vers le Seigneur. Pour qu’une fusée décolle il faut un moteur très puissant, pour l’arracher à l’attraction de l’esprit du monde. Ce moteur n’est autre que l’eucharistie qui est célébrée quotidiennement dans la paroisse. Le moteur et son démarrage, l’eucharistie, sont fournis par Dieu qui est un « ingénieur » extraordinaire capable de faire décoller une fusée dans n’importe quelles conditions. Seulement, pour que la fusée s’envole et que la paroisse puisse s’élever vers le Seigneur tout au long de la journée, il faut que la poussée du moteur ne s’arrête pas. Et donc nous avons besoin de beaucoup de carburant, le Seigneur en procure un peu au moment le plus important, celui de la mise en route du moteur et du décollage (l’eucharistie), mais ensuite, le carburant doit être fourni par les paroissiens. Le Seigneur l’a voulu comme cela ; dans sa folie, il a voulu avoir besoin de vous.  Si les paroissiens ne fournissent pas ou peu de carburant, la fusée pourrait démarrer, décoller de quelques mètres, mais ensuite elle retombe lourdement sur son pas-de-tir.


Le carburant, c’est la prière. La prière de notre communauté. Et en particulier, la prière qui prolonge le mystère de l’eucharistie : l’Adoration. Si nous avons mis en place une adoration continue sur la paroisse, c’est pour fournir le carburant nécessaire au décollage quotidien de notre paroisse qui nous emporte vers le Seigneur. Si nous voulons mettre une multitude de gens en orbite autour du soleil, le Christ, il faut que la fusée décolle, il faut que la poussée du moteur soit continue. Et pour cela nous avons besoin de carburant : la prière d’adoration des paroissiens.  Que nous le voulions ou non, notre existence chrétienne est mystérieusement reliée à notre communauté. Dans votre vie de tous les jours, vous faites partie du corps du Christ, l’Eglise, la grande Eglise qui s’incarne dans notre paroisse dont vous êtes membres. La prière continue de l’adoration irrigue chaque membre de ce corps, vous, où que vous soyez, quoique vous fassiez, jour après jour, semaine après semaine. La prière continue d’adoration n’est pas facultative, ou un service parmi d’autres, une lubie de Mr le Curé. En vérité, avec l’eucharistie, elle est le moteur et le carburant de notre vie paroissiale.  Notre paroisse a donc besoin de gens qui acceptent de passer une heure devant le Saint Sacrement, qui assurent une veille de prière, pour tous ceux qui sont à l’extérieur et qui ont besoin de ce soutien de la prière continue de leur frère. Cette prière d’adoration va mystérieusement porter la vie évangélique des paroissiens, dans leur devoir d’état, dans leur famille, dans leurs activités.  
 
Je voudrais m’adresser tout particulièrement aux personnes retraitées. Je me pose des questions parce que je me rends compte que la pastorale de la paroisse repose essentiellement sur les tranches d’âges plus jeunes, celles qui ont charge de famille, qui travaillent, qui sont déjà débordées et qui acceptent de donner du temps pour la paroisse. La majorité des services de la paroisse sont assurées par des personnes non retraitées, à part les funérailles, et encore j’ai du mal à trouver quelques retraités pour assurer un service une fois toutes les six semaines. Chers paroissiens retraités, je voudrais vous informer que la retraite dans le royaume de Dieu, ce n’est pas comme dans le monde. Il ne s’agit pas de se dire « Je travaillerai pour le royaume de Dieu jusque 65 ans, et ensuite : Ciao Jésus je pars en retraite, pour l’édification du royaume, Jésus, trouve-toi des plus jeunes ».  Cela devrait être l’inverse !  Quand j’arrive en retraite, je devrais me dire : « Enfin Jésus je vais pouvoir consacrer du temps pour toi ! Pour l’annonce de ton royaume ! » pour son édification qui ne peut se faire sans la prière. Alors effectivement, je pense qu’il vaut mieux que la préparation au baptême, mariage et autres soient assurées par des jeunes, disons des « actifs ».

Mais alors, chères personnes retraitées, quel service allez-vous rendre à la paroisse ? Voulez-vous faire encore partie de notre communauté paroissiale ? Sachez que je vous trouve tout à fait remarquables parce que vous êtes toujours là, vous êtes restés fidèles dans une époque de grandes turbulences ecclésiales, pendant que tous vos contemporains partaient, quittaient l’Eglise. Nous, plus jeunes, sommes les héritiers de votre fidélité. Mais nous avons encore besoin de vous, et en particulier nous avons besoin de votre prière. Pour venir à l’adoration, ce n’est pas compliqué, il faut juste…deux jambes, qui fonctionnent encore un peu, c’est tout. 

Il y a une réponse que j’entends souvent de la part des retraités : « Oui, mais je ne peux pas m’engager ». Qu’est-ce que le service ? C’est un engagement. Pas de service rendu sans engagement. Si je dis: "je rends service mais quand je veux ", en réalité nous avons là un refus déguisé ou inconscient de rendre service. Quand des gens disent «je ne peux pas m’engager», ces personnes expriment une forme de refus de rendre service à la paroisse, au Seigneur. 

Autre chose que j’entends : « Je dois m’occuper de mes petits enfants ». C’est tout à fait louable et naturel. J’ai une question à vous poser : vos enfants, vos petits-enfants sont-ils croyants pratiquants ? Je ne suis pas en train de vous demander des comptes sur la foi de vos enfants et petits-enfants, leur foi et leur pratique les regardent, mais sachez que prendre un service auprès du Seigneur et y être fidèle est un immense service que vous rendrez à vos petits-enfants. Votre fidélité dans le service du Seigneur les touchera à travers le mystère du corps de l’Eglise, dont ils font partie par leur baptême. Le jour des funérailles de ma grand-mère, avec les petits-enfants, nous avons loué sa gentillesse et sa disponibilité vis à vis de nous, mais je lui rendu hommage car c’est sans doute la fidélité à Dieu de ma grand-mère qui, en partie, a fait qu’aujourd’hui je suis prêtre.

J’entends dire aussi « Mon conjoint a besoin de moi ». Je pense qu’avec l’âge, ce dont votre conjoint a le plus besoin est une présence « d’évangile », une présence du Christ qui passe souvent par l’autre. Une présence spirituelle qui apportera au conjoint le Seigneur sans même qu’il s’en rende compte et qui lui fera le plus grand bien. Et cette présence spirituelle, vous la développerez en venant vous ressourcer devant le saint Sacrement.  
 
Je vous signale que nous avons un problème pour trouver des adorateurs les après-midis or il n’y a que vous les personnes âgées qui pouvaient assurer une présence les après-midis. Pour l’instant comme nous ne trouvons personne, je suis obligé de combler moi-même les créneaux horaires des après-midis. Mais voyez-vous, là, je vais me retrouver confronté à un dilemme. Je ne peux pas à la fois assurer le service continu de la prière et assurer les différents services pastoraux de la paroisse. Je voudrais prendre l’exemple des funérailles. Dans de nombreuses paroisses, les funérailles se font sans prêtre car ils ne trouvent plus le temps de les célébrer, débordés par les multiples activités. Ce qui peut se comprendre. Pour ma part, j’ai fait le choix de continuer à assurer la célébration des funérailles. Seulement je ne peux pas à la fois être à l’adoration les après-midis, parce que je ne trouve personne pour assurer ce service, et à la fois célébrer les funérailles le matin. Or je pense qu’un service pastoral qui ne serait pas soutenu par ailleurs par la prière d’adoration continu des paroissiens ne portera aucun fruit. Donc le dilemme est pour moi le suivant : dois-je continuer à assurer un service de funérailles qui ne portera aucun fruit (parce que non soutenu par la prière), ou alors dois-je assurer le service de la prière qui lui portera des fruits. Et bien à terme, si je ne trouve pas d’aide pour le service de la prière, je choisirai l’adoration plutôt que des activités pastorales infructueuses pour le royaume.

Chers paroissiens, et en particulier chères personnes retraitées, nous avons encore besoin de vous, de votre engagement, de votre fidélité dans la prière pour que l’ensemble de notre communauté paroissiale s’élève chaque jour un peu plus vers le Seigneur. Un grand merci pour votre engagement. Amen.