Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Paroisse Frédéric Ozanam Sacré-Cœur / Saint-Clément / Saint-Nicolas
Menu

23 ème dimanche ordinaire - "L'adoration : une oasis dans notre ville"

Vingt-troisième dimanche 2017 - "L'adoration : une oasis dans notre ville"

 

Le père Pierre-Marie Delfieux dans les années 1970 est un prêtre qui va entendre l’appel du désert et il partira vivre dans un ermitage dans le massif du Hoggar dans le Sahara. Et là, il va entendre un appel un peu étonnant, un appel du Seigneur qui lui fait comprendre que le véritable désert aujourd’hui se trouve dans nos villes, dans nos sociétés. Suite à cet appel il reviendra vers la civilisation pour fonder la communauté des fraternités monastiques de Jérusalem, des communautés de frères et sœurs dans le Christ qui vivent au cœur de nos villes, créant ainsi comme des « oasis » de grâces vers lesquels les habitants peuvent s’orienter pour trouver de quoi y rassasier leur âme.

Et oui nous vivons dans un désert spirituel. Nos sociétés sont bâties de telle façon que nos âmes jour après jour, si nous n’y faisons pas attention, se transforment en vieux pruneau sec. Le matérialisme, la vitesse de nos vies, l’absence de silence, la pression professionnelle, le modèle de vie familiale moderne et bien d’autres choses encore assèchent peu à peu nos âmes, elles rapetissent, deviennent des petites choses toute rabougries, ce qui finit par avoir une incidence considérable sur notre vie. Nous sommes des êtres de chair et d’esprit, si nous négligeons nos âmes, si elles sont agressées par notre mode de vie, alors il se crée un déséquilibre dans notre personne qui finit par engendrer une insatisfaction latente, un ennui de tout notre être, une recherche continuelle de compensation dans les plaisirs de la société de consommation qui ne font que nous laisser un goût amer dans notre existence. Dans cet environnement très difficile pour nos âmes, nos communautés chrétiennes paroissiales doivent devenir des sortes d’oasis, comme le père Pierre-Marie Delfieux en avait eu l’intuition en fondant les fraternités monastiques de Jérusalem. Pour qu’une communauté devienne une oasis rafraichissante et nourrissante pour nos âmes, et celles de tous les habitants de Wasquehal, il faut que nous formions une communauté de prière. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place une adoration continue qui repose sur une communauté de paroissiens qui prient ensemble. Je vous l’avais déjà expliqué, ce n’est pas en venant prier une heure le dimanche à la messe que nous pouvons devenir une communauté de prière, et ce n’est pas non plus en priant chacun seul dans sa chambre que nous pouvons devenir une communauté priante. Il existe une distinction entre d’un côté prier seul et d’un autre côté faire partie d’une communauté priante. Quand nous prions seul dans notre chambre, cela fait du bien à notre âme et aux quelques personnes pour qui nous prions, et je rends grâce pour cette prière en solitude qui est indispensable si l’on veut grandir dans notre foi et notre relation au Christ. Mais je me demande si nos communautés paroissiales ne seraient pas constituées d’individualités priantes plutôt que d’être des communautés priantes.

Tout l’enjeu est là, développer une communauté de prière qui va permettre la mise en place d’une magnifique oasis auprès de laquelle toute une population pourra se rassasier. D’où la chaine de prière d’adoration qui existe sur notre paroisse. Quand vous vous engagez dans la chaine d’adoration, vous intégrez une communauté de prière (celle des adorateurs) et par la même occasion vous permettez le développement de cette communauté de prière, vous participez à la création d’une oasis spirituelle dans notre ville, dont les bienfaits rejaillissent sur l’ensemble de la population de notre paroisse, même si elle n’en a pas conscience. S’engager quotidiennement pour une heure dans la chaine d’adoration revient à intégrer une communauté priante, celle de tous ceux qui se relaient les uns après les autres pour assurer une veille de prière vers le Seigneur pour nos frères et sœurs proches ou loin de l’Eglise. Prendre part à cette chaine d’adoration consiste aussi à mettre en œuvre ce que Jésus nous demande dans l’évangile de ce jour « si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » En intégrant la chaine d’adoration, nous nous réunissons au nom de Jésus et il est présent au milieu de nous. Cette communauté de prière à laquelle nous participons par l’adoration vient compléter avec bénéfice notre prière en solitude chez nous. Pour faire écho à l’homélie de dimanche dernier, j’ajouterai que nous deviendrons une communauté missionnaire seulement si nous sommes devenus préalablement une communauté de prière. Je vous invite à vous engager dans l’adoration du Seigneur, devenons une communauté priante, une oasis spirituelle pour notre ville et ses habitants. Amen.