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Paroisse Frédéric Ozanam Sacré-Cœur / Saint-Clément / Saint-Nicolas
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Les parcours Alpha

Dimanche 2 octobre : les parcours Alpha
 
Je voudrais en ce quatrième et dernier « dimanche de rentrée » vous parler d’un projet paroissial qui, avec l’aide de l’Esprit Saint, est appelé à devenir l’outil principal de la mission sur notre paroisse. Nous le confions à sainte Thérèse de Lisieux que nous avons fêtée hier, patronne des missions.

Pour vous expliquer quel est ce projet, il faut que je reparte d’un évangile que vous connaissez bien, celui de la pêche miraculeuse. Je rappelle succinctement le récit. Jésus est au bord du rivage, ses disciples sont en train de pêcher, sans rien prendre, Jésus leur demande de jeter les filets sur la droite, et là c’est la pêche miraculeuse.  Ce récit est une très belle parabole de la mission et s’applique parfaitement à ce que nous sommes censés vivre en paroisse. La barque d’abord, elle représente notre paroisse. Une belle barque, je dirais même un navire, un beau navire de pêche, avec un bel équipage, motivé, chacun affairé à des postes variés ce qui permet à notre paroisse d’avancer sur la mer qui représente le monde. Notre paroisse peut donc se réjouir de répondre à l’appel du Seigneur qui nous envoie à la pêche, c’est à dire annoncer l’Evangile. Seulement, si le navire de notre paroisse avance bien sur l’eau grâce à son équipage, c’est au moment de la pêche qu’il y a une petite incompréhension sur ce que Jésus nous demande. En effet, comme nous l’a demandé Jésus, nous sommes sur le navire, à la manœuvre, Jésus nous dit « jetez les filets à tel endroit et là vous trouverez », sous entendu « je vous envoie des bancs de poissons », c’est à dire des hommes et des femmes qui ont soif de Dieu, « jetez les filets et vous vivrez une pêche miraculeuse ».

Et nous, que faisons nous ? On nourrit les poissons. Nous ne jetons pas vraiment les filets. Une multitude de gens approchent de notre paroisse, comme un banc de poissons frôlerait une barque de pêche. En effet, si nous mettons bout à bout toutes les personnes qui demandent des sacrements ou qui s’adressent à notre Eglise pour une raison ou l’autre, j’ai calculé en gros que plus d’un millier de personnes par an frôlent la barque de pêche, notre paroisse. Ce sont de véritables bancs de « poissons », sans compter tous ceux que vous croisez dans vos milieux de vie respectifs. Or nous nous contentons de leur donner ce qu’ils veulent, les sacrements, une écoute, un acte de charité, toutes choses bonnes par ailleurs, mais nous ne jetons pas les filets. Nous laissons repartir les poissons dans les profondeurs des abimes, qui bibliquement représentent la mort, et nous ne les hissons pas jusqu’à Jésus qui est la vie en plénitude. De temps en temps nous rentrons au port, sur le rivage. Là, Jésus nous attend et il nous demande, « les enfants apportez de ces poissons que vous venez de prendre », sous entendu, vous avez jeté les filets dans ces bancs de poissons que je vous envoie, apportez-moi de cette pêche miraculeuse. Nous, nous lui répondons un peu gênés : « en réalité, ce que nous, nous avons fait, c’est nourrir les poissons, on les a bien nourris d’ailleurs, de la bonne nourriture, celle que tu nous as donnée, ils étaient très contents. » Et Jésus nous réplique, « mais n’avez vous pas profité de leur présence pour jeter les filets ? », et nous on lui répond, « bah non, ils sont repartis ». Alors Jésus est très patient avec nous et il nous demande gentiment d’y retourner, et ainsi de suite. Jésus lui ne se lasse pas de nous envoyer des bancs de poissons, mais nous, nous finissons par nous fatiguer de ne jamais ramener de poissons auprès de Jésus, et nous nous lassons des services paroissiaux dans lesquels nous sommes engagés.

Il est vrai que de temps en temps, parmi l’équipage, il y a des paroissiens qui, s’ils ne jettent pas les filets, font quand même de la pêche à la ligne. Et ça marche ! Par leur charisme, leur « sainteté », des paroissiens touchent des personnes loin du Seigneur, et ces personnes sont hissées dans la barque de l’église qui les amènent jusqu’au Seigneur Jésus. Parfois aussi, il y a des poissons volants, des personnes qui tombent de nulle part, ils vivent une conversion soudaine et embarquent dans l’Eglise. Jésus nous explique que l’Esprit Saint leur a donné des ailes leur permettant de sauter directement dans la barque. Il nous demande si nous les avons accueillis, mais il faut reconnaître que faute de s’en occuper, ils sautent parfois de nouveau dans l’eau, au grand regret de Jésus…

Savez vous quelle est la première personne à qui Jésus demande si les filets ont été jetés ? Celui qui est censé tenir le gouvernail. Le curé. Que vais-je répondre à Jésus lorsqu’il me demandera, au sujet de la barque qu’il m’a confiée : « T’es tu servi de la barque pour jeter les filets ? » Vais-je lui répondre que je me suis bien occupé de l’équipage, nous avons eu des bons moments où nous filions sur l’eau, nous nourrissions les poissons quand on en croisait, et ensuite nous les laissions repartir vers les profondeurs ? Jésus pourrait me répondre que ma vocation de prêtre-curé n’était pas celle d’un commandant de bateau de croisière inquiet du bien-être de ses passagers mais celle d’un petit patron-pêcheur comme l’étaient les premiers disciples, dont le navire sert avant tout pour la pêche. La paroisse n’est pas un aquarium on l’on cultiverait le bien-être spirituel des poissons. Pas uniquement en tout cas.

Aujourd’hui, je ne peux que rendre grâce car dans notre paroisse, dans notre barque de pêche, celle du Seigneur, nous avons un équipage nombreux et motivé, mais motivé par quoi ? N’y-a-t-il pas un risque chez les chrétiens à vouloir s’occuper avant tout de grandir dans leur foi, dans notre relation à Dieu et secondairement, voire accessoirement, à jeter les filets ? C’est une bonne chose de vouloir, comme les disciples dans l’Evangile de ce jour, « augmenter sa foi ». Mais sachez que si nous voulons augmenter notre foi, il n’y a pas de meilleur moyen que de la répandre autour de nous. 

Alors voilà, je vous propose de ne plus se contenter de faire avancer le bateau et de nourrir les poissons (mêmes si c’est déjà bien), mais aussi de jeter les filets. Pour cela nous avons besoin d’un filet. Et ce filet, ce sera le parcours Alpha. Nous le lancerons début janvier, il durera deux mois et demi.  Nous avons besoin de votre aide à deux niveaux. Le premier, aider à l’organisation et l’animation de ce parcours, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Deuxième niveau : inviter quelqu’un de votre entourage qui vous semble pouvoir être intéressé par les questions autour de la foi, ou alors qui voudrait vivre un temps de rencontre chaleureuse autour des questions religieuses. Avec l’aide de l’Esprit Saint nous allons obéir au commandement du Seigneur qui nous demande de jeter les filets et d’aller par toutes les nations pour faire des disciples en les amenant au Seigneur Jésus Christ. Bonne année pastorale à tous. Amen.