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Paroisse Frédéric Ozanam Sacré-Cœur / Saint-Clément / Saint-Nicolas
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Toussaint 2017

Toussaint 2017

Nous fêtons la Toussaint, cette fête est une invitation pressante à devenir des saints et saintes de Dieu. Pour être saint, il n’est pas nécessaire d’accomplir des actions et des œuvres extraordinaires, ni de posséder des charismes exceptionnels. Ce qu’il faut avant tout, c’est écouter Jésus et le suivre sans se décourager face aux difficultés. « Si quelqu’un me sert - nous dit Jésus – qu’il me suive…si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera ». C’est-à-dire que Dieu le Père fera de lui un Saint. Donc pour être saint, il faut suivre Jésus et le servir. Cela semble simple, seulement Jésus nous dit aussi que celui qui veut garder sa vie pour lui-même la perd, et que celui qui se donne, se perd, et trouve précisément la vie (Jn 12,24-25). Benoit XVI nous dit qu’en effet l’expérience de l’Eglise à travers les siècles nous montre que toutes formes de sainteté, même si elles suivent des parcours différents, passent toujours par le chemin de la Croix, le chemin du renoncement à soi-même. Les biographies des saints décrivent des hommes et des femmes qui, dociles à l’Esprit Saint, ont parfois affronté des épreuves et des souffrances indescriptibles, des persécutions et le martyre. Ils ont persévéré dans leur engagement, comme le dit la première lecture « ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve, ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. » La sainteté passe toujours par la Croix. Jésus est passé par là, nous aussi, si nous voulons être honoré, entrer dans la Gloire et la sainteté de Dieu le Père, nous passerons forcément par le même chemin que Jésus. Alors ce n’est peut-être pas très encourageant, et l’on pourrait même se dire : voilà un chemin bien triste proposé par notre Seigneur, par Jésus. Et effectivement une mauvaise compréhension de la sainteté pourrait faire de nous « de tristes saints ». L’expression « triste saint » décrit une personne qui semble suivre le chemin de Jésus, fait de grands sacrifices avec de grands renoncements mais cela débouche sur une personnalité triste. Savez-vous ce qui fait la différence entre un « triste saint » et « un saint joyeux » ? Le triste saint va suivre Jésus, par devoir ; le saint joyeux va suivre Jésus, par amour. Toutes les épreuves, tous les renoncements à soi sont vécus par amour pour notre Seigneur Jésus. Même s’il peut y avoir un temps d’incompréhension et d’accablements, cet amour pour notre Seigneur, vécu à travers épreuves et renoncements, finit par faire jaillir la joie dans notre existence. La sainteté est un chemin de joie seulement si elle est un chemin d’amour de plus en plus fou pour notre Seigneur Jésus. Tous les choix que nous faisons pour suivre Jésus, qui nous paraissent parfois impossible, nous deviennent une évidence s’ils sont guidés, portés par notre amour pour le Christ. Aimer implique toujours un acte de renoncement à soi-même, implique de se « perdre soi-même » mais paradoxalement cela nous rend heureux, tout simplement parce qu’aimer rend heureux. Alors bien sûr, il y a un petit problème par rapport à la société d’aujourd’hui qui, elle, propose comme chemin de bonheur la réalisation et l’épanouissement personnel, et osons le dire la satisfaction des multiples désirs individuels. Dans ce contexte, suivre le Christ peut sembler en contradiction avec les chemins de réussites proposés par notre société. Ce qui explique sans doute pourquoi, malgré les multiples divertissements et lumières qui nous entourent et auxquels nous avons accès, il y a tant de tristesse et de déprime chez nos contemporains. Dans notre monde, on peut se demander si la sainteté est encore possible ; déjà nous devons lutter contre une certaine tendance naturelle à ne penser qu’à nous et nos diverses plaisirs et besoins, mais en plus l’environnement ne nous aide pas, ne nous élève pas. Il suffit de relire l’évangile des béatitudes, qui sont le chemin de sainteté par excellence, pour réaliser à quel point être bienheureux dans le royaume de Dieu va à l’encontre du modèle de vie proposé aujourd’hui. Alors est-ce encore possible d’être saint ?  Certes la sainteté exige un effort constant, contre notre péché qui agit en nous, et aussi contre beaucoup des propositions de notre société, mais la sainteté reste cependant à la portée de tous parce que plus encore que l’œuvre de l’homme, la sainteté et avant tout un don de Dieu. Dans la seconde lecture de ce jour l’apôtre saint Jean observe : « Voyez quelle manifestation d’amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. Et nous le sommes ». Cette phrase nous dit que Dieu nous a aimé le premier, ainsi dans notre vie tout est don de son amour. On ne peut devenir saint qu’en accueillant ce don d’Amour de Dieu, qui va venir en nous réaliser les renoncements nécessaires et nous faire traverser les épreuves sur notre chemin de sainteté à la suite de Jésus.

Dieu le Père nous invite à suivre son Fils, soyons des saints joyeux, acceptons de mourir à nous-même, c’est à dire à notre péché, osons avancer à contre-courant, par amour du Christ, avec l’aide indispensable de l’Esprit Saint qui veut faire de nous des saints. Amen