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Paroisse Frédéric Ozanam Sacré-Cœur / Saint-Clément / Saint-Nicolas
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Vingt-troisième dimanche ordinaire - Messe de rentrée

Dimanche vingt-troisième 2018

Pour décrire ce qu’est la pastorale d’une paroisse, je voudrai prendre une image bien connue que Jésus lui-même utilise, celle du navire qui vogue sur la mer. Je dirai qu’il existe trois types de bateaux qui correspondent à trois genres de pastorales paroissiales, d’abord ceux qui restent au port, puis ceux qui font du cabotage ou de la navigation côtière et enfin ceux qui partent au large pour la pêche en haute mer.

D’abord la paroisse qui reste au port, elle est pastoralement presque morte, les paroissiens se contentent de venir à la messe le dimanche, ils sont peu investis dans les services de la paroisse qui reposent presque exclusivement sur le curé et quelques rares bonnes volontés. Les paroissiens sont comme des consommateurs qui viennent chercher ce qui les intéresse sur le bateau qui, lui, reste à quai et dont la coque pourrit peu à peu.

Ensuite vous avez la paroisse qui sort en mer régulièrement pour aller pêcher mais sans s’éloigner des côtes. Les paroissiens sont investis dans les services pastoraux habituels, liturgie, préparation au mariage, baptême, funérailles, catéchèses, chorale et autres. Si la paroisse sort en mer et fonctionne bien grâce aux services rendus par ses paroissiens, il n’en reste pas moins que le soir, le bateau regagne le port et chacun rentre chez soi. La paroisse est alors un lieu d’activités où l’on rend un service, mais elle n’est pas un lieu de vie puisqu’on se contente d’y passer ponctuellement. Et puis un bateau qui ne navigue qu’à quelques miles des côtes ne risque pas d’attraper du poisson peu présent au bord des côtes. La voilure, elle aussi, n’est presque pas utilisée, on rame beaucoup. Ce deuxième genre de paroisse peut donner une belle image vue du dehors, elle sort en mer, le bateau est bien entretenu, l’équipage est serviable, nombreux et efficace. Mais ce type de paroisse n’exploite pas, loin de là, toutes ses capacités et revient souvent les cales à vide.

Ensuite il y a un troisième genre de paroisse et de pastorale qui correspond au navire voguant au loin sur la mer et se lance dans la pêche en haute mer, là où le poisson se trouve. Il part plusieurs mois, voire des années dans des campagnes de pêche, n’hésitant pas à affronter la haute mer, l’équipage forme une véritable communauté d’hommes et de femmes habités par un feu intérieur : répondre à l’appel à aller jeter les filets lancé par le Seigneur. Ce n’est pas de tout repos, il arrive qu’il y ait du gros temps, mais une véritable solidarité s’instaure peu à peu entre les membres d’équipage qui partagent les épreuves et les joies de répondre à l’appel du Christ. Le navire va alors déployer pleinement ses voiles et le vent de l’Esprit y souffle en continu pour le guider dans sa mission. Chaque paroissien rend un service sur ce navire, il est habité par la conscience claire de participer à une aventure plus grande que lui et qu’il ne peut vivre seul : « aller par toutes les nations, faire des disciples du Christ », selon les paroles même de Jésus. Cette aventure missionnaire vécue ensemble transforme les équipiers en frères et sœurs sous la conduite de leur capitaine et leur pasteur, le Christ. Il existe de multiples postes et services sur ce navire, chacun peut trouver sa place puisque ce bateau possède une particularité, sa taille grandit avec celle de l’équipage, mais tous avancent animés d’un seul esprit : remplir la mission donnée par le Christ à ses disciples.

Et bien voyez-vous, depuis quelques années, sous la conduite de l’ES, notre paroisse est passée du deuxième au troisième genre de pastorale : de la sortie en mer proche de la côte à une navigation en haute mer où son équipage apprend à devenir des disciples missionnaires. Même si la pêche n’est pas encore miraculeuse comme dans l’évangile, la paroisse a la joie d’accueillir régulièrement de nouvelles personnes qui découvrent cette merveilleuse relation d’amour et d’amitié que le Seigneur veut vivre avec chacun de nous.

Il arrive que sur ce navire (notre paroisse) embarquent des passagers clandestins (des personnes qui viennent d’autres paroisses), ou des touristes (gens de la paroisse mais qui ne font pas partie de l’équipage). Nous sommes heureux de les accueillir. Ils montent sur notre bateau, passent un bon moment à naviguer, la mer est belle, le spectacle est réjouissant avec tous ces marins qui sont à la manœuvre. Ils ne prennent pas part à la mission du navire et se contentent de profiter de ce beau bateau, parfois pour de bonnes raisons d’ailleurs, ils ont besoin d’un temps de découverte, d’acclimatation, de repos tout simplement, de ressourcement. Mais il ne faudrait pas que cela dure trop longtemps. Vous comprenez, cela devient gênant quand ces clandestins ou ces touristes s’installent tranquillement sur le pont dans un transat avec leur cocktail à la main, discutant entre eux et profitant, sans y faire trop attention, du beau travail fournit par l’équipage. Leur attitude finirait presque par gâcher un peu la bonne ambiance régnant de l’équipage. Les passagers touristes et clandestins sont les bienvenus dans notre paroisse, puissent-ils découvrir la joie de faire partie de notre équipage.

A travers toutes ces images il y a un message tout simple : plus notre paroisse se transformera en lieu de vie (et pas simplement de passage), formant une communauté fraternelle solidaire fondée sur notre relation au Christ, répondant à l’appel du Seigneur qui  nous invite à la mission, en croissance dans la communion spirituelle grâce à la prière et l’adoration, plus elle vivra tout cela, plus alors notre paroisse deviendra ce magnifique navire qui avance au large pour remplir sa mission, et plus elle connaîtra et grandira dans la joie du Seigneur. Je vous souhaite une bonne rentrée et une très bonne année pastorale. Amen.